Clubs sportifs professionnels: une approche innovante vers la performance sportive, économique, et sociale

CATEGORIE Economie, Non classé, Social

Il est peu de dire que l’actualité questionne aujourd’hui l’avenir du rugby professionnel.

Les problèmes financiers des clubs, des joueurs concernés par des affaires de mœurs, le bras de fer entre la fédération et la ligue nationale de rugby…sont fortement relayés par les médias.

A ce titre, le projet de fusion du Stade Français et du Racing Métro interroge notamment la place de la dimension éthique aux côtés des considérations économiques qui semblent être l’alpha et l’oméga des décisions stratégiques des principaux clubs. Pourtant, les indicateurs de la DNACG révèlent que les clubs de rugby professionnels ont en moyenne une gestion déficitaire et ce malgré la participation importante de fonds publics.

Les ambiguïtés des partenariats public-privé, les mauvais indicateurs économiques, le questionnement identitaire du rugby quant à son devenir obligent à imaginer un nouveau modèle pour le rugby professionnel, et plus largement le sport professionnel.

Au-delà des affaires médiatiques, des bonnes pratiques sont développées par certains clubs comme autant de réponses innovantes à un environnement en mouvement. Forts de ces signaux prometteurs, nous posons la question : « Est-il possible de construire un modèle de club de rugby professionnel différent ? »

Sanoussi DIARRA, co-gérant d’Impact SCIC, Président de l’association Rebonds !, et ancien joueur de rugby professionnel, propose une réflexion innovante sur un modèle de club de rugby qui pourrait voir le jour prochainement dans l’hexagone. Il s’appuie sur une analyse du rugby professionnel actuel partagée avec des spécialistes amenant des expertises sportives, juridiques, et entrepreneuriales.

Il part du postulat que pour viser la performance sportive, un club doit viser une performance économique et sociale.

Sur la base d’un diagnostic du rugby professionnel qui révèle les difficultés des modèles économiques des clubs, leur faible degré de structuration et de professionnalisation, et l’ambiguïté de leurs rapports avec les partenaires, l’auteur développe un argumentaire qui aboutit à la construction d’un modèle de club innovant.

Pour y parvenir, il pose deux questions simples et fondamentales : Qu’est-ce qu’un club de rugby ?, d’une part ? A qui appartient le club ?, d’autre part.

Dans un texte approfondi, l’auteur invite ainsi à une redéfinition de l’identité du club. Voyant en ce dernier un acteur territorial de premier plan, il plaide pour une diversification de ses activités permettant de répondre aux besoins spécifiques de son territoire historique d’implantation. Cette nouvelle identité placée au service d’un projet à long terme doit par ailleurs s’appuyer sur une redéfinition des relations du club avec ses membres et son environnement : partenaires, supporters, bénévoles, salariés, consommateurs…

En premier lieu, l’approche de Sanoussi DIARRA insiste sur la nécessité de construire et de mesurer l’impact territorial du club. A cette fin, l’utilité sociale constitue un indicateur pertinent car il précise les apports que le club procure à son territoire et ses publics.

L’intérêt collectif correspond alors à l’intérêt de toutes les parties prenantes du club.

Si la gestion d’un club concerne, de fait, toutes ses parties prenantes, l’intérêt de ces dernières à la gestion du club doit pouvoir s’exprimer à travers le multi-partenariat voire le multi-sociétariat.

Deux axes stratégiques forts ressortent de cette réflexion : 1. l’inscription du club dans le cadre de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) afin de redéfinir durablement l’identité du club et d’affirmer son statut d’acteur territorial ; 2. la création d’une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) pour la mise en œuvre de ce projet fondé sur le multi-partenariat et le multi-sociétariat privé-public.

En effet, un des éléments essentiels de l’approche proposée tient à la participation des parties prenantes à la définition du projet de club, à sa mise en œuvre et à sa gouvernance.

Ainsi, les partenaires privés, les partenaires publics, les supporters (à l’image des « socios » en Espagne, les joueurs et autres salariés du club, les 3 entités (entité professionnelle, centre de formation, association support), régulièrement sollicités dans le cadre des difficultés financières passagères des clubs doivent être associés au club par la souscription en parts sociales et par une participation à la gouvernance au sein de collèges de votes.

Un tel modèle permet de conjuguer performance et mobilisation durable des personnes et des partenaires, sans oublier la dimension économique à laquelle il ouvre de nouvelles sources de financements pérennes.

Conscient du caractère innovant de ce modèle, l’auteur insiste surtout sur la réflexion fondamentale qui doit animer les clubs et leurs parties prenantes.

Plusieurs clubs de rugby se montrent intéressés par cette approche qui, à contrario de l’actualité, offre de nouvelles perspectives positives à un milieu en proie aux difficultés et aux doutes.

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